Le Larivot : cœur de la plaisance guyanaise
Le port de plaisance du Larivot est situé sur la commune de Matoury, à 15 minutes du centre de Cayenne par la route. Avec environ 250 anneaux, c est de loin le plus grand port de plaisance de Guyane et la base de départ de la grande majorité des navigateurs du département.
Le port est installé sur l estuaire de la rivière de Cayenne, protégé de la houle océanique par la pointe Buzaré. L accès se fait par un chenal balisé qui serpente dans la mangrove — un décor dépaysant pour qui arrive de métropole.
Les installations portuaires
Pontons et places
Le Larivot dispose de pontons flottants en béton, répartis en plusieurs bassins. Les places vont du 6 mètres au 15 mètres, avec quelques emplacements pour les multicoques. L attribution se fait via la capitainerie, avec une liste d attente qui peut atteindre plusieurs mois pour les tailles les plus demandées (10-12 mètres).
Les tarifs sont sans comparaison avec la métropole : on paie environ 150 euros par mois pour un 10 mètres, contre 500 à 800 euros sur la Côte d Azur. C est un des avantages indéniables de la plaisance en Guyane.
Eau et électricité
Chaque ponton dispose de bornes eau et électricité. La pression d eau est correcte, le courant est en 220V monophasé. Les coupures ne sont pas rares, surtout en saison des pluies quand les orages claquent. Un onduleur ou un parc solaire pour les appareils sensibles (frigo, électronique de bord) est un investissement raisonnable.
La zone technique
Le Larivot possède une aire de carénage avec un ber roulant capable de sortir des bateaux jusqu à 15 tonnes. C est la seule installation de ce type en Guyane, ce qui en fait le passage obligé pour tout carénage sérieux. La zone de travail est en béton avec un récupérateur d eaux de carénage — les normes environnementales sont respectées.
On trouve sur place quelques professionnels : mécanique, électricité, composite. Le choix est limité comparé à un grand port de métropole, mais la qualité du travail est au rendez-vous pour qui sait à qui s adresser.
La vie quotidienne au Larivot
Avitaillement
Le port ne dispose pas de commerce ni de restaurant sur site. Le supermarché le plus proche est à 10 minutes en voiture. Pour le carburant, pas de pompe au port non plus : on remplit les jerricans à la station ou on fait livrer. C est un point qui fait défaut, surtout pour les grands réservoirs.
Sécurité
Le port est clôturé avec un accès par badge. Un gardien est présent, mais comme partout il faut rester vigilant. On ne laisse rien de valeur visible dans le cockpit et on ferme le bateau quand on s absente. Les cas de vol existent mais restent ponctuels.
La communauté
Le Larivot a sa communauté de réguliers, un mélange de retraités navigateurs, de professionnels de la mer et de passionnés qui vivent à bord. L ambiance est décontractée, on s entraide facilement. Les apéros du vendredi soir sur les pontons sont une institution — chacun ramène un truc et on refait le monde entre deux histoires de pêche.
Naviguer depuis le Larivot
Le chenal de sortie du Larivot rejoint l océan en passant entre les bancs de vase. On suit les bouées rouges et vertes, en gardant un œil sur le sondeur car le fond remonte vite en dehors du chenal. La sortie est praticable à toute marée pour les bateaux de moins de 1m80 de tirant d eau, mais il vaut mieux viser la mi-marée montante pour un confort optimal.
Une fois en mer, les destinations proches sont les îles du Salut (3h de navigation), Kourou (2h le long de la côte) et Rémire-Montjoly par le Dégrad des Cannes (30 minutes). Vers le sud, la navigation jusqu au Brésil est possible mais demande une bonne préparation (formalités douanières à Oyapock).
Le Larivot n est pas parfait — il manque une pompe à carburant, la liste d attente est longue et les infrastructures à terre mériteraient un coup de neuf. Mais pour un port à ce tarif, dans un cadre aussi dépaysant, c est difficile de se plaindre. Reste à savoir combien de temps ces prix resteront aussi attractifs.